mardi 17 juin 2008
De bonnes raisons de voter républicain ?
Par Guerric le mardi 17 juin 2008, 09:56 - America
lundi 12 mai 2008
Iron Man, un film en forme de pentagone
Par Guerric le lundi 12 mai 2008, 18:26 - America
Dans ma décadence actuelle de fin de session, j'ai récemment été réduit à entrer dans un cinéma pour voir Iron Man, le dernier film de super-héros à la mode. Ce film est premier au box-office américain, avec 180 millions de dollars de recettes, douze jours après sa sortie. Il est aussi premier au box-office français.
Après cette intensive séance de propagande pro-guerre, je fonce lire les critiques de la presse. Et là, surprise : elles sont plutôt bonnes. Je passe sur les effets spéciaux qui sont effectivement très réussis, et sur la performance de l'acteur principal, qui est bonne sans être remarquable. Mon souci, c'est qu'il y a un message sacrément gênant derrière ce film.
Attention, si vous voulez voir le film, ne lisez pas la suite aujourd'hui. Je résume l'intrigue : un concepteur et marchand d'armes, Tony Stark, vit une vie heureuse aux Etats-Unis jusqu'au jour où, au cours d'une tournée de promo en Afghanistan, il est fait prisonnier par des "rebelles indépendants" (pour ne pas froisser les Taliban, et non il n'y a pas de "s" à Taliban car c'est déjà un pluriel en soi).
Durant son séjour en grotte, il "découvre" que ses armes, qu'il fabrique et vend aux gentils (les Américains), sont aussi utilisées par les méchants contre ces mêmes gentils. D'ailleurs, c'est ce qui a permis sa capture : un missile sur sa voiture blindée et hop, tous ses protecteurs étaient déquillés sauf son pote le gentil black (appelons-le le gentil black), parce qu'il faut pas déconner, quand même.
Bref, les méchants le forcent à concevoir une arme pour eux : ils veulent le même missile dévastateur que celui dont disposent les américains, parce qu'eux aussi ils veulent que ça fasse du vent quand ça pète. Dans sa grotte, surveillé jour et nuit par ses geôliers, notre héros (pas encore super) confectionne discrètement une armure de 2 tonnes, ainsi qu'une centrale électrique miniature (pas plus grosse qu'un pot de Nutella) pour faire le plein d'énergie, dans le louable but de se faire la malle.
Avec un fer à souder, deux fils de cuivre et de l'énergie cognitive (fournie par le Nutella, faut suivre), il se fait un truc que même Dark Vador pourrait pas se payer. Et ça marche : il se barre. Bénéficiant d'un heureux concours de circonstances, il tombe immédiatement, en plein désert, sur un hélicoptère américain avec son pote le gentil black à l'intérieur. Incroyable, non ? Malgré son look de basané-louche-sans-abri-qui-court-vers-l'hélico, il n'est pas abattu par les soldats : encore une belle invraisemblance. Par peur des attentats-suicide, les militaires américains tirent sur tout ce qui bouge trop, en Irak comme en Afghanistan.
De retour chez lui, après cette grave prise de conscience (ses armes sont utilisées par les méchants), révélation tout à fait crédible chez un marchand d'armes, il décide de faire le Bien. Pour ça, il veut fournir aux Américains et uniquement à eux, des combinaisons super puissantes comme celle qui lui a permis de fausser compagnie aux rebelles pas gentils (ceux qui savent torturer mais vraiment pas viser). Parce que l'Amérique, c'est le Bien.
C'est connu, les Etats-Unis, c'est pas du tout le pays qui totalise le plus d'opérations militaires non-mandatées par l'Onu (invasions et autres agressions armées variées). Tony Stark veut donc fournir à sa patrie les moyens de répandre la paix. Vous avez bien imprimé ? LA PAIX. Encore une fois, tous ensemble : LA PAIX.
Il commence plutôt gentiment, en gérant lui-même la guerre en Afghanistan. Il se fait une petite sortie par-ci par-là, laissant le soin aux villageois de lapider (au sens propre) les méchants une fois qu'il les a désarmés, blessés ou mis hors d'état de nuire. Une attitude tout à fait en conformité avec le Droit international. Des scènes qui, d'après les médias canadiens, ont souvent déclenché des applaudissements dans les salles américaines, ponctués de cris du genre "Fais-le exploser, vas-y, bute-moi ce pédé !"
Mais évidemment, le super-héros a un souci parce que le numéro 2 de son entreprise (appelons-le numéro 2) veut continuer à faire plein de profits en vendant des armes à tout le monde, y compris à ces primates de rebelles afghans. Normal quoi... ça au moins, ça ressemble plus à la réalité, qu'on parle des marchands d'armes américains ou français, d'ailleurs.
Je vous passe les détails, mais en gros, numéro 2 se retrouve avec une armure vachement plus forte que le gentil. L'affrontement arrive, et numéro 2 prend l'avantage, avant de mourir subitement, parce qu'il avait pas compris que Gwyneth Paltrow elle est vraiment intelligente. Même si c'est une simple assistante de super-héros.
Le Pentagone a largement collaboré au film, fournissant blindés, uniformes, armes en plastique ou encore hélicoptères. Et son but est probablement atteint... Alors voilà, ce qu'il faut retenir du film, c'est que si les Américains vendent des armes aussi aux méchants, c'est pas leur faute : ils le savent pas. En tous cas, c'est jamais volontaire. Et il faut aussi se rappeler que l'armée américaine fait le Bien dans le monde, avec pour objectif la paix et l'harmonie entre les peuples. J'espère que vous avez bien noté tout ça, parce que l'actualité pourrait parfois nous pousser vers des réflexions hérétiques.
Information Revolution
Par Guerric le lundi 12 mai 2008, 17:09 - Le Web en lignes
Voici une vidéo que je voulais mettre ici depuis longtemps. Attention c'est un peu rapide, pour les non anglophones comme moi...
Information R/evolution
jeudi 8 mai 2008
Ne le répétez pas trop fort, mais...
Par Guerric le jeudi 8 mai 2008, 21:29 - PowEurope
Ne le répétez pas trop fort, mais les Etats membres de l'Union européenne ratifient très vite le traité de Lisbonne. Déjà 13 sur 27.
Vous savez, ce traité qui a été renégocié suite au rejet de la Constitution européenne. Ce traité qui ne s'appelle plus Constitution. Ce traité qui ne contient plus rien sur les Droits de l'homme. Ce traité qui résoudra moins vite les problèmes urgents de fonctionnement des institutions. Ce traité qui n'apporte aucune réponse à ceux qui ont voté non en 2005. Ce traité qui a été ratifié par voie parlementaire en France le 14 février dernier.
Ce traité pour lequel seule l'Irlande organise un référendum.
Ce traité qui entrera en vigueur le 1er janvier 2009, dans moins de huit mois.
Ce traité dont on ne parle pas.
vendredi 2 mai 2008
Vidéo : la chute de Montmorency
Par Guerric le vendredi 2 mai 2008, 00:07 - America
Les premières images, prises depuis le pont de l'île d'Orléans, montrent l'eau de la chute qui va ensuite dans le Saint-Laurent, formant une trace noire dans le fleuve.
A l'entrée du petit pont qui surplombe la chute, un panneau annonce fièrement que cinq jours après sa construction en 1856, le premier pont s'est effondré, tuant trois personnes. C'est sympa de prévenir.
Sur les dernières images, admirez l'arc-en-ciel dans les projections d'eau ;o)
Pour la petite histoire, la chute et la rivière Montmorency ont été nommées (en 1603) en l'honneur de Charles de Montmorency, un pote de Samuel de Champlain, le fondateur de Québec. Pas de bol, en 1632, le sieur Montmorency se révolte contre Richelieu et se fait décapiter : sa tête chute.
mardi 29 avril 2008
Le concept de la pharmacie
Par Guerric le mardi 29 avril 2008, 16:02 - America
Facebook : n'y avez-vous que des amis ?
Par Guerric le mardi 29 avril 2008, 14:36 - Le Web en lignes
Facebook, Facebook, le monde ne jure plus que par Facebook. Je suis allé à une conférence il y a quelques jours, qui avait pour thème "Facebook : n'y avez-vous que des amis ?". J'ai écrit un article complet ici. Extrait :
Les conditions d'utilisation de Facebook ont été critiquées, car elles sont extrêmement larges. En effet, en publiant du contenu sur Facebook, "vous accordez automatiquement à l'entreprise une licence irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable et mondiale pour l'utilisation, la copie, la représentation publique, la diffusion publique, la modification, la traduction, la citation et la distribution de tout le contenu, quel qu'en soit le but : commercial, publicitaire, ou autre".
Selon Jean-Hugues Roy, journaliste à la télévision de Radio-Canada, Facebook pourrait ainsi légalement récupérer et vendre une photo de votre bébé à une marque de couches, pour la promotion de leur dernière trouvaille.
lundi 28 avril 2008
Xénophobie au Québec
Par Guerric le lundi 28 avril 2008, 16:33 - America
Photo : le Vieux port de Montréal au soleil couchant, il y a quelques jours.
Les Québécois sont extrêmement accueillants dans leur immense majorité, mais comme partout, il y a des exceptions. Ils sont très sensibles lorsqu'il s'agit de l'identité nationale, de l'immigration et des étrangers en général. Contrairement à beaucoup de Français, ils sont capables d'oublier leurs préjugés sans trop de problèmes. Mais dès qu'ils se sentent menacés ou agressés, ça ne rigole plus. Les Français, très présents au Québec, sont souvent une cible de choix pour les xénophobes, qui en ont marre de voir des grincheux arrogants à tous les coins de rue (ce qui n'est pas toujours faux, mais c'est ce qui fait notre charme...). Voici deux expériences vécues, la seconde étant plus violente que la première.
Il y a quelques semaines, je suis passé à la boutique informatique de l'université, pour essayer de trouver un clavier Azerty (configuration française). J'étais en train de rédiger mon mémoire et je ne voulais pas perdre des heures à m'adapter à un clavier Qwerty (nord-américain). En Europe il est facile de se procurer un clavier étranger, qu'il soit américain, russe, espagnol, italien, allemand ou suédois, je ne pensais donc pas demander la Lune. Mais le vendeur a dû se sentir agressé dans son identité nationale. Il m'a répondu de façon très agressive, presque haineuse, que j'étais au Québec, donc il ne fallait pas m'attendre à trouver un clavier Azerty ici. Selon lui, je n'avais qu'à retourner chez moi en Europe si je n'étais pas capable de m'adapter. Surpris par tant d'agressivité, je n'ai rien répondu. Un autre vendeur, même pas étonné, m'a dit alors que je sortais : Ne faites pas attention, il est toujours comme ça. Rassurant, en effet. Ca ne m'a pas choqué de ne pas trouver un clavier Azerty au Québec, car effectivement, ce n'est pas l'Europe, mais tant de haine c'est quand même regrettable.
Plus récemment, lors d'un voyage à Québec avec des amis, j'ai rencontré la personne la plus xénophobe et fière de tous les gens pitoyables que j'ai jamais croisés. Accrochez-vous, c'est du lourd. On se promenait sur la Promenade des gouverneurs, sorte d'artère touristico-panoramique de Québec, juste au-dessus du Saint-Laurent. Alors qu'on parlait, assis sur un banc, avec nos accents d'Européens (oui, les Français ont un accent français), une vieille dame est venue vers nous. Pour briser la glace, elle a dit : Vous avez été envahis par les Algériens et par les Marocains, alors vous êtes venus vous installer ici. Déçue par notre manque de réaction (on était sonnés), elle a continué : J'espère que vous êtes seulement de passage. Un de mes deux amis a alors tenté un Qu'est-ce que vous voulez dire ?, histoire d'être bien sûr. Elle n'a rien répondu, s'éloignant un peu de nous, envoyant un signe de tête du genre "vous m'avez bien compris". Quelques secondes plus tard, elle est revenue à la charge : Moi je suis née ici, et vous, vous êtes nés où ? Elle s'attendait à ce qu'on réponde en cœur En France, mais pas de chance, mes deux amis sont Luxembourgeois. Gros plaisir dans la réponse Au Luxembourg, mais la réaction fut, malgré tout, sans appel : Alors retournez-y.
« billets précédents - page 1 de 35

